Il vient

 


​Il vient, chevauchant les nuées

bondissant sur les monts

il vient, dans le noir de la nuit

dans le silence nu.


Qui le reconnaîtra et qui l'embrassera

vêtu de suie, de nuit, vêtu de toi et moi ?

Qui lavera ses pieds, qui pansera ses plaies

qui baisera son front, qui nommera son nom ?


Il vient, par le doux le fragile

et par le verdoyant.

Il vient, étranger sur la terre

céleste immigré.

Toutes les pluies le pleurent, violent le vent le veut

la pierre devient cœur et la montagne feu.

Le cœur de l'homme est pierre, le cœur de l'homme est pluie

le cœur de l'homme est fier, le cœur de l'homme est nuit.


Aïe dure tête, raide nuque, O ma terre !


Il vient, je le sais sans savoir et sans voir je le vois.


Son nom je le sais bien, mais je ne dirai rien.

Ah que lui le susurre où le coeur est si dur !

Les montagnes le tonnent, et la mer le murmure

ce nom de douceur pure, aïe sauveur de nos âmes !